Vos obligations légales sur les mégots, expliquées clairement
Loi AGEC, principe REP, décret 5/9 flux, article R633-6 du Code pénal, exigences CSRD : ce que la réglementation française et européenne impose vraiment aux entreprises en matière de gestion des mégots. Sans jargon inutile, et avec les sources.

Ce que vous trouverez sur cette page
- 1. Le cadre pénal individuel — l'article R633-6
- 2. La loi AGEC et le principe REP appliqués aux mégots
- 3. Le décret 5 flux / 9 flux et le tri à la source en entreprise
- 4. L'interdiction de fumer dans les lieux de travail
- 5. La traçabilité des déchets : le BSD obligatoire
- 6. Les exigences CSRD, ISO 14001 et Ecovadis
- 7. Les risques pour les entreprises qui ne traitent pas le sujet
Le cadre pénal individuel : l'article R633-6
Depuis le décret n°2020-1573 du 11 décembre 2020, l'abandon d'un mégot sur la voie publique est sanctionné par l'article R633-6 du Code pénal. Cette infraction relève de la contravention de 4ème classe, avec les montants suivants :
- 135 € — amende forfaitaire de base
- 90 € — amende minorée (paiement sous 15 jours)
- 375 € — amende majorée (paiement après 45 jours)
- 750 € — amende maximale en cas de récidive
Cette sanction vise les personnes physiques (le fumeur lui-même), mais l'entreprise est indirectement impactée : un site régulièrement jonché de mégots devient une zone de verbalisation possible, avec des conséquences sur l'image et les relations avec la copropriété, le voisinage, et la collectivité locale.
À noter que certaines collectivités locales (Paris, Cannes, Strasbourg, Obernai) avaient anticipé en votant des arrêtés municipaux avec des amendes spécifiques. Aujourd'hui, le cadre national de 135 € s'applique partout en France, complété ponctuellement par des dispositifs municipaux.
La loi AGEC et le principe REP appliqués aux mégots
La loi n°2020-105 du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l'économie circulaire (dite « loi AGEC ») a profondément réorganisé la gestion des déchets en France. Elle a notamment introduit le principe de Responsabilité Élargie du Producteur (REP) appliqué aux produits du tabac.
Concrètement, depuis le 1er janvier 2021, les fabricants et metteurs en marché de produits du tabac sont tenus de financer la collecte et le traitement des mégots abandonnés dans l'espace public. Un éco-organisme dédié, agréé par les pouvoirs publics, coordonne cette filière REP en versant aux collectivités des aides au déploiement de dispositifs anti-mégots.
Pour les entreprises B2B (sièges sociaux, sites industriels, copropriétés tertiaires), cette REP ne couvre pas le périmètre privé. Le mobilier installé sur votre site et la collecte de ses mégots restent à votre charge. C'est pourquoi un service intégré comme Easy to Change est conçu pour absorber ce coût avec un modèle économique cohérent (mobilier durable + collecte mutualisée + recyclage matière).
Le décret 5 flux / 9 flux et le tri à la source
Le décret n°2016-288 du 10 mars 2016, dit « décret 5 flux », impose aux entreprises de plus de 20 salariés (et aux activités produisant plus d'1,1 m³ de déchets par semaine) le tri à la source de cinq catégories de déchets : papier/carton, métal, plastique, bois, verre.
Ce décret a depuis été enrichi pour devenir le décret 9 flux avec l'ajout des fractions minérales, des déchets de plâtre, du textile et des biodéchets. Les mégots ne sont pas explicitement listés parmi ces flux, mais ils relèvent de l'obligation générale de gestion responsable des déchets professionnels prévue par les articles L541-1 et suivants du Code de l'environnement.
En clair : si votre entreprise est soumise au décret 5/9 flux pour ses autres déchets, traiter sérieusement les mégots est cohérent avec votre politique globale de tri. À l'inverse, négliger ce flux spécifique tout en respectant les cinq autres apparaît comme une faille dans votre démarche, particulièrement visible lors des audits.
L'interdiction de fumer dans les lieux de travail
Le décret n°2006-1386 du 15 novembre 2006, dit « décret Bertrand », a généralisé l'interdiction de fumer dans tous les lieux fermés et couverts qui accueillent du public ou constituent des lieux de travail. Cette interdiction concerne les bureaux, salles de réunion, couloirs, sanitaires, restaurants d'entreprise, et plus généralement tout espace clos partagé.
Pour les fumeurs, cela signifie une sortie obligatoire vers l'extérieur, où ils consomment leurs cigarettes — typiquement à l'entrée des immeubles, sur les terrasses, dans les cours intérieures, sur les parvis. C'est précisément à ces endroits que se concentrent les mégots, faute de dispositif adapté.
L'entreprise reste libre d'aménager un fumoir intérieur respectant l'article R3511-2 du Code de la santé publique (extraction d'air spécifique, absence de communication avec d'autres locaux, surface limitée, signalisation). Mais ces fumoirs sont coûteux et peu courants ; la majorité des sites laisse les fumeurs sortir.
La traçabilité des déchets : le BSD obligatoire
Le Bordereau de Suivi des Déchets (BSD), encadré par les articles R541-45 et suivants du Code de l'environnement, est le document officiel qui trace le parcours d'un déchet de son producteur (votre entreprise) jusqu'à son élimination ou sa valorisation finale.
Pour les mégots, qui sont classés comme déchets dangereux (en raison de leur teneur en nicotine, métaux lourds, et substances toxiques résiduelles), le BSD est obligatoire dès lors qu'ils sont confiés à un prestataire de collecte. Le document est aujourd'hui dématérialisé via la plateforme nationale Trackdéchets.
Le BSD comporte : l'identification du producteur, le type de déchet (code CED), le poids, le mode de transport, l'installation de traitement, et la nature du traitement (recyclage matière, valorisation énergétique, élimination). C'est ce document qui vous protège juridiquement en cas de contrôle, qui alimente vos rapports CSRD, et qui prouve à vos auditeurs Ecovadis ou ISO 14001 la réalité de votre filière.
Easy to Change vous remet ce BSD chaque trimestre, automatiquement, sans démarche de votre part.
Les exigences CSRD, ISO 14001 et Ecovadis
La directive européenne CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive), transposée en droit français par l'ordonnance du 6 décembre 2023, impose progressivement aux grandes entreprises (et à terme aux ETI cotées) un reporting de durabilité harmonisé selon les normes ESRS publiées par l'EFRAG.
Sur le périmètre déchets, les normes ESRS E5 « Utilisation des ressources et économie circulaire » exigent notamment de documenter :
- les quantités de déchets produites par type
- les filières de traitement (recyclage matière, valorisation énergétique, élimination)
- les taux de circularité et les efforts de réduction à la source
- les engagements avec les fournisseurs et sous-traitants
Les mégots, même s'ils représentent un volume modeste en tonnage, sont un indicateur souvent regardé par les auditeurs RSE pour valider la cohérence d'une politique déchets : c'est un flux visible, symbolique, et facile à contrôler par échantillonnage terrain.
Les référentiels privés comme Ecovadis (notation RSE des entreprises) et ISO 14001 (système de management environnemental) interrogent également ce point. Une gestion mégots structurée, avec BSD trimestriel et filière de recyclage matière documentée, contribue à valoriser ces certifications.
Les risques pour les entreprises qui ne traitent pas le sujet
Ne pas traiter le sujet des mégots dans son entreprise n'entraîne pas une sanction administrative directe spécifique (au-delà des règles déchets générales). Mais cumule plusieurs risques indirects qui ont, ensemble, un poids significatif :
- Risque incendie : un mégot mal éteint reste l'une des premières causes de départs de feu en milieu urbain et industriel. Les assureurs intègrent ce risque dans leur tarification multirisque entreprise.
- Risque RSE & image : visite client, audit CSRD, reportage presse, photos sur réseaux sociaux — un site couvert de mégots à l'entrée envoie un signal négatif que toutes les politiques RSE du monde ne rattrapent pas.
- Risque relationnel : voisinage, copropriété, syndic, collectivité — les plaintes liées aux mégots aux abords des bâtiments sont récurrentes et dégradent les relations avec l'environnement immédiat.
- Risque audit & certification : Ecovadis, ISO 14001, CSRD — toute démarche structurée RSE va interroger la gestion mégots. Un dispositif inexistant fait baisser les notations.
- Risque collaborateurs : pour les fumeurs eux-mêmes, l'absence de cendrier adapté est perçue comme un manque de considération. Pour les non-fumeurs, c'est un irritant quotidien (odeur, propreté, image du site).
La bonne nouvelle : structurer le sujet coûte peu, surtout rapporté à ces risques. Un service intégré Easy to Change traite le tout — mobilier, collecte, recyclage, BSD, sensibilisation — pour un budget annuel généralement inférieur aux dépenses de propreté absorbées en interne.
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